Nephtys Influant


Inscrit le : 22 Fév 2008 Messages : 269
| Sujet: Survivre avec les loups Sam 29 Mar - 15:21 | |
| euh voilà , je me suis essayée à faire un " sujet" sur ma lecture de ces jours ci Je vous soumets :
Survivre avec les loups , c'est de ce livre et de ce film que je veux vous parler aujourd'hui . De façon inhabituelle pour moi , j'ai vu le film sur les conseils d'une amie avant de lire le livre J'ai vu , et j'ai critiqué ...Bizarrement ma critique portait plus sur les passages de vie commune avec les loups que sur la traversée de 3300 km pour retrouver ses parents Je me disais que des enfants ont survecus aux ghettos , aux camps de la mort , alors pourquoi une fillette de 8 ans n'aurait elle pas la volonté farouche , la rage de vivre pour retrouver ses parents . Par contre les episodes où la meme enfant apprivoisent des loups , eux meme affamés par l'hier m'a fortement derangée .. J'y croyais pas du tout , marcher et survivre en mangeant de tout et de rien oui , survivre aux loups , non ..De plus le realisateur nous montre une fillette qui arrache à pleines dents de la viande quasi à meme la proie , et là à trop vouloir "choquer"le spectateur , je trouve que c'est encore moins credible . Bref , etrange et derangeant film me suis je dit en sortant du cinema et le fait que les premieres scenes soient tournées dans la foret tout pres de chez moi , n'y a pas suffit . Lorsque j'ai appris que l'auteure etait une mystificatrice et que son histoire vraie n'etait que fiction et invention , je me suis dit que c'etait dommage de mentir ainsi car son histoire presentée comme fiction aurait eu aussi du succes .. Je viens de finir le roman , j'ai mis du temps à le lire parce que sachant ce que je savais maintenant et bien je savais que je serais un peu déçue ( mon amie avant de savoir que l'ecrivain etait mythomane m'avait conseillé de le lire parce qu'il etait encore plus touchant que le film disait elle ...) Je viens de le lire ... Bien entendu ma lecture fut critique sachant ce que je savais ! Mais cette fois pas à propos des loups .La description de l'apprivoisement des loups rend plus dans le livre que dans le film puisqu'elle y a plus de temps .. Mais le periple parmi les humains inhumains justement de la guerre est excessif .Pourtant on sait ccomme cette periode fut atroce en crimes , on sait , mais ici en quelques pages elle narre tout ce qui s'est deroulé en plusieurs années , en lieux differents , bref , elle veut nous faire croire qu'à 8 ans puis 9 puis 10 cette fillette aurait tout vecu , aurait tout vu de l'echantillonage de la barbarie ! Pire , elle veut nous faire croire qu'une petite fille de 10 ans peut tuer froidement violemment par vengeance , en reaction .. Là cela ne passe plus , j'aurais " avalé " les loups avec du mal , mais mieux decrits dans le roman , mais les reactions de la fillette devant les hommes , non , là je pense que même sans les revelations publiques de duplicité , je n'y croyais pas ...qu'un enfant survive quasi seule , pourquoi pas , il y eut bien des enfants sauvages , mais qu'un enfant s'acharne à tuer tel qu'elle le decrit , je n'adhere pas .
Voilà , pour completer ma reaction , je vous mets un article qui revele l'identite réelle de Misha Defonseca .
Il est de Karine Bernfeld en Mars 2008
| Citation: | C'était donc faux. L'auteur Misha Defonseca a fini par avouer que son récit publié et revendiqué comme étant une autobiographie, son histoire vraie qui a bouleversé les lecteurs, était une invention. Son livre Survivre avec les loups (Robert Laffont, 1997), un best-seller traduit dans le monde entier et dont l'adaptation cinématographique a déjà attiré dans les salles des millions de spectateurs (plus de 540 000 en France), racontait l'histoire d'une petite fille juive, en pleine seconde guerre mondiale, dont les parents furent arrêtés par la Gestapo. Partie à pied pour les retrouver, elle aurait alors parcouru des milliers de kilomètres à travers l'Europe et réussi à survivre grâce à une meute de loups qui l'aurait adoptée.
Cette jolie fable avait bénéficié d'une immense campagne publicitaire, et, reprenant avec succès le mythe de la louve nourricière qui séduit depuis Romulus et Rémus jusqu'à Kipling, avait attiré les foules. Mais, depuis sa parution, le livre avait aussi suscité un certain nombre de scepticismes bien justifiés : des historiens et le spécialiste du monde animal Serge Aroles avaient dénoncé la supercherie et relevé les invraisemblances du récit. Ce dernier criait depuis plusieurs années contre cette imposture, sans être entendu. Pourquoi ? Parce qu'il touchait à du sacré, et qu'on le suspectait immédiatement d'être "antisémite"...
Ce n'est pas la première fois qu'un livre proclamé autobiographique s'est révélé une fiction, créant alors une polémique et la colère de nombreux lecteurs qui se sentent trahis. Car l'autobiographie, c'est un engagement, un serment. Si on écrit sa vie, on signe le célèbre pacte autobiographique décrit par Philippe Lejeune : l'auteur jure d'écrire "toute la vérité et rien que la vérité". Et il prend le risque d'être contredit, d'être même traîné en justice s'il a menti. Ecrire sa vie, c'est prendre un risque, quitte à en payer le prix.
L'auteur, Misha, se défend : "Il m'est difficile de faire la différence entre ce qui a été la réalité et ce qu'a été mon univers intérieur." Mais des lecteurs se révoltent et lui en veulent d'avoir tant été touchés par cette histoire, alors que "tout était bidon". D'autres rétorquent que raconter c'est toujours inventer, qu'il y a toujours de l'imaginaire dans tout récit, que toute écriture est une réinvention. Chaque écrivain fait l'expérience de faits réels qu'il a transposés fidèlement, racontés avec précision dans un roman, des faits qui ne semblent alors "pas crédibles" au lecteur, Maupassant l'ayant dit bien avant : "Le vrai peut quelquefois n'être pas vraisemblable."
Cette affaire rappelle celle de Benjamin Wilkomirski, qui avait écrit des souvenirs fictifs de déportation. Dans ces deux cas, parce que cela touche à l'identité juive et à la Shoah, les colères sont décuplées. L'état civil, la véritable identité de naissance de Mischa, c'est Monique Dewael, un nom qu'elle semble abhorrer et ne veut tellement pas assumer qu'elle en a changé. Elle déclare : "Je m'appelle Monique Dewael, mais depuis que j'ai 4 ans je veux l'oublier." Elle s'invente donc une vie, et se dit juive ; on apprend qu'elle ne l'est pas, qu'elle a été baptisée. Ses parents auraient bien été déportés, mais en tant que résistants.
Tout se passe alors comme si, aujourd'hui, il n'y avait qu'une légitimité dans l'identité juive pour parler de la déportation, comme si seul un juif pouvait écrire sur le sujet pour toucher le plus grand nombre. Pourtant, L'Espèce humaine (Gallimard, 1979), de Robert Antelme, résistant, est un témoignage implacable. Mais sans doute il n'est pas le plus lu par le grand public.
La repentie Misha ajoute : "Depuis toujours, je me suis sentie juive", et elle écorche encore certains lecteurs, ceux qui le sont sans jamais l'avoir voulu et qui ne se "sentent" pas juifs, qui auraient peut-être bien souhaité se débarrasser de cette identité-là qu'on ne choisit pas la plupart du temps. Elle repose la véritable question de ce que c'est qu'être juif, et qui décide si on fait partie ou non d'une communauté, si le juif n'est défini que par le tiers, l'autre. Et si "la petite fille juive" c'est le symbole de la victime par excellence, peut-être était-ce une projection, une identification idéale ?
Déjà certains s'alarment des conséquences directes de ce mensonge qui servirait le négationnisme, puisque si celle-ci a pu inventer et faire croire à des millions de personnes que son récit était réel, on pourrait prétendre que tout est faux dans ce qui est écrit. Des enseignants, soucieux de ce devoir de mémoire au coeur des querelles actuelles dans l'éducation, avaient emmené leurs élèves voir le film adapté du livre de Misha, le cinéma et l'image trahissant encore davantage la véritable Histoire qu'il faudrait réhabiliter.
Et les débats d'être bientôt relancés sur "oui ou non peut-on écrire de la fiction sur la Shoah ?", Lanzmann contre Spielberg et Benigni, Anne Frank, Primo Levi contre la fausse histoire de Martin Gray... D'autres s'indignent de l'aspect commercial des témoignages, affirment que c'est justement le label histoire vraie qui a fait vendre ce livre et ce film. Peut-être. Mais on peut vendre le vrai à condition que l'histoire soit... très romanesque.
Car l'inverse est possible, Antelme et Levi avaient très peu vendu de leurs histoires vraies, et pour avoir refusé l'appellation (non contrôlée) "roman" à mon récit autobiographique Les Portes de l'espérance (Flammarion, 2003), j'ai vu que le vrai n'est pas toujours en soi un argument : le livre fut éjecté du rayon littérature et relégué au rayon sociologie.
Au-delà, dans Misha, on pourrait s'émouvoir de sa souffrance intime, réelle, de cette mythomanie, de tout ce qui se cache derrière cette histoire de loups. Les psychanalystes ne pourront s'empêcher de chercher l'explication : qui sont donc ces loups pour elle ? Chacun choisira. Nous pourrons hurler, ou non, avec eux, ça ne réveillera aucun des millions de morts . |
Malgre , mes critiques , malgre l'analyse interessante qu'en fait K Bernfeld , je vous conseillerais malgre tout de lire ce roman , il est paru en pocket , est assez court et peut generer discussion .. en fait , apres coup et sans esprit de contradiction , ce qui me paraitrait interressant c'est l'avis sur ce qu'est un enfant dans l'enfer de la guerre .De quoi il est capable , qu'est ce qui le pousse à agir . Mon imaginaire , ma naiveté d'enfant m'avait fait penser que par amour filial ce periple est possible , mais j'ai reagi par rejet à l'idée qu'un enfant puisse commettre un crime tel qu'il est decrit dans l'histoire . Bonne lecture à vous .... |
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dragounette Pas mal


  Age : 45 Inscrit le : 21 Fév 2008 Messages : 793 Localisation : je m'en rappelle plus !!!
| Sujet: Re: Survivre avec les loups Sam 29 Mar - 20:11 | |
| | ben moi du fait que je sais que c'est une histoire inventée de toute pièce, cela ne me donne plus envie de lire le livre, ni de voir le film ... j'ai peut être tort, mais bon ... |
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